Kombia Olivier zoukombara
Partage de savoir, des émissions d'ébats, des tribunes culturelle et l'actualité.
12/12/2025
Dans sa publication du 3 décembre 2025, la Semaine Littéraire Scolaire et Estudiantine a rendu un vibrant hommage au visionnaire, bâtisseur et bienfaiteur en un mot, au Héros N**i Boni. Les passionnés de cet homme remercient cette structure pour ses réflexions pertinentes, qui mettent sous les feux des projecteurs nos icônes. Cependant, pour être complet sur la cosmogonie de N**i BONI, il serait utile d’insister sur certains détails. Préparons les esprits par ces éléments clés tirés du numéro hors-série de SIDWAYA sur Dédougou (2014), à l’occasion des festivités du 54e anniversaire de l’indépendance de notre pays, à la rubrique « Des icônes emblématiques du grand Ouest ». Des témoignages marquants :
Pour André DAKUYO, la mort de N**i BONI a sonné comme un coup de foudre dans le bwamu et les séquelles laissées par sa disparition tragique sont encore d’actualité. L’évocation de son nom suscite des maussades pour ceux qui l’ont connu.
DAYO Bazini, membre de la cour royale de Dédougou, lui, retiens un intellectuel très instruit qui était en avance sur son temps. Ses actions ressemblaient à une prédication. « C’est un devancier de la population, aux visions messianiques
Retenons ceci : N**i BONI, ce bwani (citoyen du Bwamu) exceptionnel est né vers 1909 à Bwan en plein cœur du Bwamu dans l’ancien canton de Bonikuy (Booni=rivière et kuy=village, localité ; la localité des rivières), fils de Nitiomsi BONI et de Souaniwè TAMINI… Il est issu du groupe Bwaba ou Bwawa, dénomination employée en fonction des parlers et des localités. Bwa est un diminutif unificateur forgé par l’anthropologue Jean CAPRON.
Descendant d’une lignée de la tradition des « chefs de terre », N**i BONI figure parmi les premiers enfants de Bwan à être envoyés de force à « l’école des Blancs ». Il faut dire que N**i a grandi auprès des forgerons, dans la famille des BONZI fondateurs de Bwa, la porte du Bwamu !
Au primaire, il saute deux classes puis, en quatre ans, il est titulaire en 1925 du certificat d’études primaires élémentaires indigènes…
Il fréquentera la fameuse école normale de William Ponty de Gorée (Sénégal) de 1928 à 1931, à l’époque, la plus grande formation d’Afrique occidentale. Il en sorti nanti du diplôme d’instituteur, fonction prestigieuse puisqu’il figurait parmi les brillants (ce sont les meilleurs qui en sortaient comme instituteurs, les moyens étaient des médecins et ce sont les moins bons qui étaient destinés à l’administration).
L’année 1941 le voit Directeur à l’école primaire supérieure de Treichville d’où il obtient non sans tracasserie, sur concours, une année plus t**d, le Diplôme Supérieur d’Aptitude Professionnel (DSAP) inaccessible aux enseignants africains, car restait réservé aux blancs. Le candidat devait prouver sur le terrain sa polyvalence. N**i BONI enseignait les mathématiques, l’histoire et le français.
Le candidat devait en outre avoir le niveau d’un professeur du 1er cycle des établissements secondaires actuels. On le trouvait jeune, on lui faisait le reproche d’avoir de la personnalité et de regarder le blanc dans les yeux au point d’être traité d’anti-français. Il sort d’ailleurs major de toute l’Afrique occidentale, ayant pulvérisé les performances aux épreuves orales et pratiques de cette compétition parsemée d’embûches jusque-là exclusivement réservée aux prestataires européens.
Après l’obtention du DSAP à Dakar en 1944, il rejoint le Sud-Est de l’ex-Haute-Volta comme Directeur d’école à Tenkodogo. C’est aussi l’époque de son entrée en politique avec les élections à l’Assemblée constituante française.
En exil au Sénégal, N**i BONI travaille à l’institut fondamental d’Afrique noire. Il bénéficie d’une bourse de l’UNESCO qui le conduira au Cameroun, au Ghana, en Afrique du Sud et en Belgique dans les structures d’appui à la recherche. Les transformations surtout des crises révèlent les hommes. L’éloignement lui aura permis son destin littéraire et d’historien. C’est ainsi qu’outre sa collaboration à la Presse Africaine, il apprête deux manuscrits de belle facture. Le premier en 1962 : c’est Crépuscules des temps anciens. Le second sera publié après sa mort en 1971 : c’est Histoire synthétique de l’Afrique résistante. Ces ouvrages sont bien accueillis par la critique d’un bon avis.
Merci à Amadou Diallo, documentaliste, pour ces précieuses données. Nous reviendrons en détail sur son combat politique à travers plusieurs écrits…
Merci à Ismaël TALL pour la photo.
Benjamin KOHOUN….
10/11/2025
24/10/2025
« Humu » ou la mort… mystère des mystères… Acte 3
Il est essentiel de se rappeler que refuser ou négliger d’organiser les funérailles traditionnelles d’un bwanii ferme à toute sa descendance la voie d’accès aux ancêtres. Une vérité sacrée que chaque Africain doit connaître et honorer.
L’âme du défunt est symboliquement représentée par une baguette à cauris, gardée précieusement et hermétiquement, comme le lien sacré entre le monde des vivants et celui des morts.
Dans le rituel, la formule « Hini wa kibo », « Lève-toi, nous allons partir » se répète plusieurs fois, tandis que l’on balaie le sol de la tombe, du pas du porteur de la baguette jusqu’à la sortie, puis jusqu’à l’extérieur de la cour. Ainsi commence le long voyage du cortège vers le village du défunt, pour honorer ses ancêtres selon la tradition.
Le village des oncles maternels, par sa primauté sur le corps du défunt, doit être informé en premier. Un neveu, messager dédié, est envoyé pour annoncer l’arrivée des funérailles. Selon la sagesse ancestrale, à son arrivée dans le village, l’annonciateur doit attraper un coq, appelé « yumu vero koeré », « le coq annonciateur des funérailles », le frapper contre le sol en symbole de libération de l’âme, puis consulter un ancien du village pour lui transmettre la nouvelle.
De nos jours, dans un autre contexte, avec le départ de nombreux habitants et la rareté de la volaille se fait sentir et où les habitants se dispersent, une alternative symbolique a été instaurée : une offrande en billet de 1000 francs CFA, déposée par les anciens en remplacement du rituel du coq. Le neveu, porteur de la mission, conserve cette offrande pour ses besoins personnels, symbolisant ainsi la consommation de l’animal selon la tradition, dans une démarche respectueuse et spirituelle.
Après cet acte sacré, le messager doit rebrousser chemin, avant l’arrivée des représentants du village des oncles maternels, afin de préserver l’harmonie spirituelle et d’éviter toute sanction de l’ombre, qui pourrait résulter de la perturbation du cycle sacré…
KOHOUN Benjamin, le Bwanii...
27/09/2025
Tous à l'espace culturel cœur de diva
15/09/2025
Min Diè (Bwamu du nord de Dédougou), Wandê (Bwamu de chez nous) ou Min Zooni (ce par quoi on s’identifie), désignent le totem en français.
Le criquet migrateur, appelé Koyo en Bwamu, est le totem des Dakio de Passakongo (Zêkuy). Ce totem symbolise toute la famille Dakio, une famille de guerriers. Selon l’histoire, cette famille puissante dévastait tout sur son passage, à l’image du criquet migrateur qui détruit les récoltes. Cependant, le Koyo avait aussi un rôle d’allié : il ne ravageait que les champs des ennemis, en épargnant ceux des amis du même village — un fait qui fut observé sans explication rationnelle, peut-être une action divine. En tout cas, le criquet migrateur a toujours été un allié des Dakio.
En principe, chaque famille possède un totem, qu’il s’agisse de la grande famille, de la petite famille ou de l’individu. Par exemple, lorsqu’une personne prend un médicament comportant des règles alimentaires spécifiques, ces règles deviennent liées à son totem. Certains médicaments interdisent par exemple la consommation de sauces gluantes, appelées « bootchiènii ».
Les totems des familles sont souvent liés à une histoire, à un animal ou à un insecte qui a sauvé la famille. En reconnaissance, cet élément devient un totem, une chose à protéger.
Le totem est respecté dans un cercle restreint, car avec l’arrivée de nouvelles religions, beaucoup ont cessé de suivre les enseignements traditionnels. Certains ne croient plus au totem. Par exemple, la sauterelle, totem des Dakio, est désormais vue comme un insecte ordinaire.
Le totem reste profondément ancré dans la cosmogonie bwa, mais son suivi se limite à un petit nombre de pratiquants, principalement au sein des familles. Ceux qui respectent encore ces croyances traditionnelles sont de moins en moins nombreux. Motivés par des intérêts matériels, beaucoup préfèrent s’éloigner de la tradition pour adopter la vie moderne.
Cette réalité socio-anthropologique protégeait nos valeurs morales et matérielles. Par exemple, un totem pouvait interdire de couper un certain type d’arbre, qui était alors protégé. Il en allait de même pour les animaux totémiques, eux aussi épargnés. Ainsi, la nature était préservée. Par exemple, certains bois étaient interdits à la cuisine, comme le « Nouhoun », un goyavier sauvage autrefois protégé, aujourd’hui décimé car prisé comme bois de chauffage.
Chacun est invité à enrichir cet écrit en précisant son totem et en commentant son rôle. Pour rappel, dans ma famille « Saa Nouma Zii », nous n’avons pas de totem, Il en de même pour les autres KOHOUN de Poundou, selon les anciens et sages.
KOHOUN Benjamin, le Bwanii...
12/09/2025
Kaa gnilo
10/09/2025
Dozos
Entre conscience professionnelle ( professeur de français au lycée municipal de Dédougou) et passion pour la musique bwa, DOYE Xavier Dofinissé( Dofini=Dieu, ssé ou sé= merveilleux) A.K.A dans le verlan DOZOS mérite soutien de tous!
Je reviendrai ultérieurement sur la cosmogonie de sa musique...
Courage petit frère !
08/09/2025
Le champ
01/09/2025
Le chef de terre
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